[N°11] Dissolution des assos
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Re: [N°11] Dissolution des assos
Cassez vous ! Toujours Vaincre c'est ma nana ! 

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J'aime Domenech, Anelka, Govou, Brandao, Marco Materazzi et Dieudo, je siffle la marseillaise et je suis communiste-musulman, don't panik

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Re: [N°11] Dissolution des assos
Vous avez craquer votre slip les mecs .
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Toujours Vaincre- Légende du Football

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Re: [N°11] Dissolution des assos
Toujours Vaincre a écrit:Vous avez craquer votre slip les mecs .![]()
Et toi tu vas faire craquer le string
Bon allez, stop HS.
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Re: [N°11] Dissolution des assos
PSG: la sécurité selon l'actionnaire Colony Capital
Autant vous le dire d'entrée de jeu, je suis abonné au PSG depuis douze ans et, pour confesser complètement mon vice, je suis un habitué du virage Auteuil. A défaut d'être impartiale, cette tribune se veut un éclairage supplémentaire apporté au débat sur l'avenir du Parc des Princes.
Depuis plusieurs semaines, lorsqu'il s'agit de discuter des mesures à prendre pour lutter contre la violence au Parc, qui entend-on ? La direction du PSG, des politiques et des journalistes « spécialistes » du foot.
Les rares fois où un journaliste donne la parole à un supporter d'Auteuil ou de Boulogne, c'est pour garder une phrase qui se résume souvent à :
« La direction du PSG, c'est des enculés ! »
Phrase parfois augmentée de :
« On va tout niquer ! »
Il y a mieux pour élever un débat. Mais en a-t-on seulement envie ?
Le président du PSG Robin Leproux a donc annoncé à quoi ressemblerait son nouveau PSG : plus d'abonnement dans les virages, un placement nominatif et aléatoire, des places gratuites pour les femmes, une tribune pour les familles…
L'objectif ? La lutte contre la violence bien sûr. Mais, pour moi, il est évident que Colony Capital, l'actionnaire majoritaire du club, a utilisé la mort du supporter de Boulogne (en marge du match PSG-OM du 28 février) pour appliquer une politique qu'il n'osait même pas imaginer dans ses plus beaux rêves !
Un doux rêve enfin devenu réalité
Ce fond d'investissement américain a acquis le PSG dans un seul but : tirer un maximum de profit de ce lieu unique qu'est le Parc des Princes.
Mais voilà, pour l'instant, le Parc n'appartient pas au PSG mais à la Ville de Paris. En attendant une opportunité d'acquisition, Colony rêvait donc de faire du PSG une entreprise de spectacle. Mais les résultats sportifs pathétiques et les supporters « historiques » empêchaient ce doux rêve de se réaliser.
Le drame de PSG-OM a réglé la question des supporters. Puisque cinq abonnés du PSG ont sauvagement lynché un autre abonné du PSG, il paraît légitime de dissoudre toutes les associations qui ont eu un rapport de près ou de loin avec ces supporters. Et puis, pour être sûr de bien nettoyer, de bien « karcheriser » le Parc, quoi de mieux que de supprimer les abonnements ?
Mais que s'est-il vraiment passé le jour du drame ? On a parfois tendance à l'oublier, mais ce sont 200 à 300 supporters de Boulogne qui sont arrivés devant Auteuil, chantant des paroles racistes. Leur objectif : cogner un maximum de membres de la tribune Auteuil, si possible Noirs ou Arabes. Je caricature ? Même pas : j'étais présent.
Quand les CRS se sont enfin réveillés -de longues minutes trop tard-, les membres de Boulogne les ont accueillis à coups de « Les CRS à Barbès, les CRS à Barbès… »
Pour ceux qui ne connaissent pas le PSG, il faut rappeler que deux tribunes de supporters co-existent :
1. Boulogne, l'historique, à la mentalité plus anglaise, quasiment sans Arabes ou Noirs. La tribune comporte une frange clairement nationaliste -bien que minoritaire.
2. Auteuil, où des groupes se sont développés dans les années 1990 sous l'impulsion de Canal+, alors propriétaire du club. Des groupes ultras à la mentalité plus italienne.
Depuis quelques années, le fossé entre ces deux tribunes s'est clairement creusé et les différences de mentalité sont devenues petit à petit les motifs d'affrontements qui se cristallisent autour du racisme.
En lisant ces lignes, vous allez vous dire que la direction du PSG a bien fait de prendre ces mesures. Sauf que, les individus les plus violents et les plus dangereux des deux tribunes ne font pas partie des associations officielles. Ils ont compris depuis longtemps que pour vivre heureux, mieux valait vivre caché.
Non, ceux qui vont être victimes de cette politique, ce sont les membres et sympathisants des associations officielles dissoutes. Des milliers d'abonnés, pas tous des enfants de chœur, pas tous des représentants de la finesse ou du fair-play, mais dont la plupart est totalement étrangère à toute violence ou haine raciale.
Ce sont eux d'ailleurs qui subissent les dérives violentes et haineuses de la frange extrême. Premières victimes de ce climat malsain, ils sont mis sur le banc des accusés, et on les condamne à ne plus pouvoir supporter le PSG comme ils aiment le faire : avec ferveur et passion, avec des assos officielles, avec des fumigènes et des drapeaux. Un Paris sans sa banlieue
Le PSG veut se débarrasser de ses supporters des banlieues
Derrière ce plan anti-violence du PSG se cache une politique nauséabonde. La direction veut clairement se débarrasser de ses supporters les plus banlieusards, les plus « casquettes à l'envers ».
Les Tigris Mystic (d'Auteuil) furent les premiers à s'opposer frontalement aux supporters de Boulogne. Et ce n'est pas un hasard : les Tigris étaient, à l'époque, le groupe d'Auteuil qui accueillait le plus de jeunes issus de la « génération Black-Blanc-Beur », comme aiment à les décrire les médias. Comment s'est fini le conflit ? Par la dissolution des Tigris. Aujourd'hui, ce sont les trois associations d'Auteuil les plus cosmopolites, celles qui se sont opposées le plus ouvertement -et physiquement- aux dérives racistes de Boulogne, qui ont été dissoutes.
Vous me direz : « Oui, mais entre-temps, les Boulognes Boys, eux aussi, ont été dissous. » C'est tout à fait vrai. Mais pour quelle raison ? Pour une banderole anti-ch'tis !
Pour en revenir à la direction du PSG, soyons clairs, je ne l'accuse pas de racisme. Elle est juste opportuniste et cynique comme peut l'être n'importe quelle multinationale.
Elle sait qu'il vaut mieux pour elle concentrer ses efforts pour exclure les banlieusards d'Auteuil plutôt que les bons Français de Boulogne, même si certains sont un peu turbulents !
Car, depuis des années, les différentes directions du PSG ont choisi de dialoguer avec Boulogne, d'acheter une paix sociale. Le Kop, si violent soit-il, observe une discipline assez bluffante. Le PSG avait donc tout intérêt à s'entendre, en coulisse, avec les leaders des différentes composantes de la tribune, plutôt que de risquer un conflit ouvert.
Tout le monde le sait, depuis des années, que la billetterie du PSG déconseille aux Noirs et aux Arabes d'acheter des places à Boulogne. En tribune, il n'y a aucun stadier de couleur. Si ça, ce n'est pas de la connivence.
Samedi, pour la première fois dans l'histoire du PSG, des membres de la tribune Auteuil ont chanté « PSG collabo ». Accusation grossière et simpliste, mais assez révélatrice.
Aussi, il est assez étrange de constater à quel point, depuis la mort du supporter de Boulogne, les médias, les politiques, et le PSG, se concentrent sur la violence et oublient totalement le racisme.
Pourtant, la violence de certains membres de la tribune Auteuil découle clairement des provocations racistes. Cela ne les excuse en rien, ni n'excuse le lynchage de PSG-OM, mais il est suspect de ne pas le préciser.
Plus de supporters, place aux spectateurs
Aujourd'hui donc, Colony va pouvoir faire du PSG une entreprise de spectacle. Fini les supporters, place aux spectateurs. On pourra aller au Parc comme on va voir une comédie musicale, ou, selon la prestation des joueurs, comme on assiste au dernier spectacle comique à la mode.
Supprimer les abonnements et attribuer un placement aléatoire, voilà deux mesures qui ont comme objectif évident d'en finir complètement avec la notion de « supporterisme » au profit de celle de spectateur.
C'est nier la passion de milliers d'amoureux du PSG. Des abonnés qui aiment ce club pour son passé glorieux, mais surtout pour ses ambiances. On peut trouver ça ridicule, il n'empêche, des milliers de supporters vibrent pour ce club, parfois à en pleurer. Leur enlever leur tribune, leur association, c'est tout simplement les priver de leur passion.
C'est aussi balayer d'un revers de main leur fidélité et leur soutien, notamment dans les moments les plus difficiles. C'est à eux que le PSG a fait appel pour une « Union sacrée » il y a quelques années, lorsque le PSG luttait pour sauver sa place en Ligue 1.
Ces milliers de supporters, dont je fais partie, dépensent à chaque nouvelle saison 150 euros pour encourager leur club, pour espérer le voir retrouver son lustre d'antan. Et ce, malgré les résultats pathétiques, malgré la politique de hausse des tarifs, malgré le racisme dont ils sont victimes, malgré les moqueries de leur entourage….
Le plus triste dans l'histoire, c'est que ces mesures risquent d'être inefficaces en termes de sécurité, ce nouveau maître mot du PSG. Quelques exemples très concrets :
1. Les billets nominatifs, une grosse blague, ou plutôt de la poudre aux yeux sécuritaire. N'importe qui peut acheter une place en billetterie avec sa carte d'identité, puis la refiler (ou la revendre) à un autre. Il n'y a pas de contrôle d'identité à l'entrée du Parc, et ça paraît quasi-impossible de mettre en place en termes de gestion des foules.
2. Le placement aléatoire, c'est Colony qui joue aux apprentis sorciers. Il est évident que la frange la plus violente continuera de venir au Parc. Depuis des années, on appelle ces supporters des « indépendants ». Le terme reflète bien le côté autonome de ces petits groupes de quelques dizaines de personnes. Par le jeu du troc et de la revente de billets, ils arriveront toujours à se regrouper. Et cette politique risque justement de développer ce mouvement de petits groupes non officiels, autonomes. Pas dit qu'ils décident de troquer la bière et la violence pour du pop-corn et de la guimauve.
3. La fin des abonnements, en plus d'être un affront pour les plus fidèles supporters du PSG, représente un gros risque : réunir dans les mêmes tribunes des supporters du PSG et du club adverse. Car à Paris, bien plus que n'importe où ailleurs en France, les expatriés sont très nombreux. Le club risque donc d'avoir souvent une bonne partie du public contre lui. Là ou ça va se gâter, c'est lorsque le PSG recevra des clubs comme Marseille ou Saint-Étienne. Pas dit que l'ambiance soit si « familiale » et bon enfant que ça.
Il n'y a qu'à Paris qu'un tel déni des supporters pouvait avoir lieu. Ce club est le plus détesté de France : il y a peu de chances que l'opinion s'émeuve des décisions affectant les supporters -surtout quand les médias s'attachent à les faire passer pour des sauvages écervelés.
C'est aussi le seul club qui peut se passer de supporters, pour peu que les résultats soient corrects. Pas besoin d'abonnés. Pas besoin de séduire la banlieue. Le potentiel de clients dans Paris intra-muros est largement suffisant.
Le pari de Colony n'est donc pas stupide. Il est juste indigne et offensant pour toute une partie des supporters. L'ensemble de la classe politique et des médias semble pourtant apporter sa bénédiction à cette politique. Je préfère y voir de la méconnaissance et de l'incompétence, toute autre hypothèse étant bien trop nauséabonde. Mon moral étant déjà au plus bas.
En attendant, je vais faire comme de nombreux abonnés : ne plus mettre les pieds au Parc des Princes en espérant un changement de politique -et même mieux, de direction. Ce PSG n'a ni besoin, ni envie de moi. C'est triste à dire, mais aujourd'hui, c'est réciproque.
Rue89
J'ai trouvé l'article très bien à lire et très intéressant. Je pense que les supp' parisiens de ce fo' seront d'accord avec ce qui est dit. En tout cas, moi, je suis d'accord.
Autant vous le dire d'entrée de jeu, je suis abonné au PSG depuis douze ans et, pour confesser complètement mon vice, je suis un habitué du virage Auteuil. A défaut d'être impartiale, cette tribune se veut un éclairage supplémentaire apporté au débat sur l'avenir du Parc des Princes.
Depuis plusieurs semaines, lorsqu'il s'agit de discuter des mesures à prendre pour lutter contre la violence au Parc, qui entend-on ? La direction du PSG, des politiques et des journalistes « spécialistes » du foot.
Les rares fois où un journaliste donne la parole à un supporter d'Auteuil ou de Boulogne, c'est pour garder une phrase qui se résume souvent à :
« La direction du PSG, c'est des enculés ! »
Phrase parfois augmentée de :
« On va tout niquer ! »
Il y a mieux pour élever un débat. Mais en a-t-on seulement envie ?
Le président du PSG Robin Leproux a donc annoncé à quoi ressemblerait son nouveau PSG : plus d'abonnement dans les virages, un placement nominatif et aléatoire, des places gratuites pour les femmes, une tribune pour les familles…
L'objectif ? La lutte contre la violence bien sûr. Mais, pour moi, il est évident que Colony Capital, l'actionnaire majoritaire du club, a utilisé la mort du supporter de Boulogne (en marge du match PSG-OM du 28 février) pour appliquer une politique qu'il n'osait même pas imaginer dans ses plus beaux rêves !
Un doux rêve enfin devenu réalité
Ce fond d'investissement américain a acquis le PSG dans un seul but : tirer un maximum de profit de ce lieu unique qu'est le Parc des Princes.
Mais voilà, pour l'instant, le Parc n'appartient pas au PSG mais à la Ville de Paris. En attendant une opportunité d'acquisition, Colony rêvait donc de faire du PSG une entreprise de spectacle. Mais les résultats sportifs pathétiques et les supporters « historiques » empêchaient ce doux rêve de se réaliser.
Le drame de PSG-OM a réglé la question des supporters. Puisque cinq abonnés du PSG ont sauvagement lynché un autre abonné du PSG, il paraît légitime de dissoudre toutes les associations qui ont eu un rapport de près ou de loin avec ces supporters. Et puis, pour être sûr de bien nettoyer, de bien « karcheriser » le Parc, quoi de mieux que de supprimer les abonnements ?
Mais que s'est-il vraiment passé le jour du drame ? On a parfois tendance à l'oublier, mais ce sont 200 à 300 supporters de Boulogne qui sont arrivés devant Auteuil, chantant des paroles racistes. Leur objectif : cogner un maximum de membres de la tribune Auteuil, si possible Noirs ou Arabes. Je caricature ? Même pas : j'étais présent.
Quand les CRS se sont enfin réveillés -de longues minutes trop tard-, les membres de Boulogne les ont accueillis à coups de « Les CRS à Barbès, les CRS à Barbès… »
Pour ceux qui ne connaissent pas le PSG, il faut rappeler que deux tribunes de supporters co-existent :
1. Boulogne, l'historique, à la mentalité plus anglaise, quasiment sans Arabes ou Noirs. La tribune comporte une frange clairement nationaliste -bien que minoritaire.
2. Auteuil, où des groupes se sont développés dans les années 1990 sous l'impulsion de Canal+, alors propriétaire du club. Des groupes ultras à la mentalité plus italienne.
Depuis quelques années, le fossé entre ces deux tribunes s'est clairement creusé et les différences de mentalité sont devenues petit à petit les motifs d'affrontements qui se cristallisent autour du racisme.
En lisant ces lignes, vous allez vous dire que la direction du PSG a bien fait de prendre ces mesures. Sauf que, les individus les plus violents et les plus dangereux des deux tribunes ne font pas partie des associations officielles. Ils ont compris depuis longtemps que pour vivre heureux, mieux valait vivre caché.
Non, ceux qui vont être victimes de cette politique, ce sont les membres et sympathisants des associations officielles dissoutes. Des milliers d'abonnés, pas tous des enfants de chœur, pas tous des représentants de la finesse ou du fair-play, mais dont la plupart est totalement étrangère à toute violence ou haine raciale.
Ce sont eux d'ailleurs qui subissent les dérives violentes et haineuses de la frange extrême. Premières victimes de ce climat malsain, ils sont mis sur le banc des accusés, et on les condamne à ne plus pouvoir supporter le PSG comme ils aiment le faire : avec ferveur et passion, avec des assos officielles, avec des fumigènes et des drapeaux. Un Paris sans sa banlieue
Le PSG veut se débarrasser de ses supporters des banlieues
Derrière ce plan anti-violence du PSG se cache une politique nauséabonde. La direction veut clairement se débarrasser de ses supporters les plus banlieusards, les plus « casquettes à l'envers ».
Les Tigris Mystic (d'Auteuil) furent les premiers à s'opposer frontalement aux supporters de Boulogne. Et ce n'est pas un hasard : les Tigris étaient, à l'époque, le groupe d'Auteuil qui accueillait le plus de jeunes issus de la « génération Black-Blanc-Beur », comme aiment à les décrire les médias. Comment s'est fini le conflit ? Par la dissolution des Tigris. Aujourd'hui, ce sont les trois associations d'Auteuil les plus cosmopolites, celles qui se sont opposées le plus ouvertement -et physiquement- aux dérives racistes de Boulogne, qui ont été dissoutes.
Vous me direz : « Oui, mais entre-temps, les Boulognes Boys, eux aussi, ont été dissous. » C'est tout à fait vrai. Mais pour quelle raison ? Pour une banderole anti-ch'tis !
Pour en revenir à la direction du PSG, soyons clairs, je ne l'accuse pas de racisme. Elle est juste opportuniste et cynique comme peut l'être n'importe quelle multinationale.
Elle sait qu'il vaut mieux pour elle concentrer ses efforts pour exclure les banlieusards d'Auteuil plutôt que les bons Français de Boulogne, même si certains sont un peu turbulents !
Car, depuis des années, les différentes directions du PSG ont choisi de dialoguer avec Boulogne, d'acheter une paix sociale. Le Kop, si violent soit-il, observe une discipline assez bluffante. Le PSG avait donc tout intérêt à s'entendre, en coulisse, avec les leaders des différentes composantes de la tribune, plutôt que de risquer un conflit ouvert.
Tout le monde le sait, depuis des années, que la billetterie du PSG déconseille aux Noirs et aux Arabes d'acheter des places à Boulogne. En tribune, il n'y a aucun stadier de couleur. Si ça, ce n'est pas de la connivence.
Samedi, pour la première fois dans l'histoire du PSG, des membres de la tribune Auteuil ont chanté « PSG collabo ». Accusation grossière et simpliste, mais assez révélatrice.
Aussi, il est assez étrange de constater à quel point, depuis la mort du supporter de Boulogne, les médias, les politiques, et le PSG, se concentrent sur la violence et oublient totalement le racisme.
Pourtant, la violence de certains membres de la tribune Auteuil découle clairement des provocations racistes. Cela ne les excuse en rien, ni n'excuse le lynchage de PSG-OM, mais il est suspect de ne pas le préciser.
Plus de supporters, place aux spectateurs
Aujourd'hui donc, Colony va pouvoir faire du PSG une entreprise de spectacle. Fini les supporters, place aux spectateurs. On pourra aller au Parc comme on va voir une comédie musicale, ou, selon la prestation des joueurs, comme on assiste au dernier spectacle comique à la mode.
Supprimer les abonnements et attribuer un placement aléatoire, voilà deux mesures qui ont comme objectif évident d'en finir complètement avec la notion de « supporterisme » au profit de celle de spectateur.
C'est nier la passion de milliers d'amoureux du PSG. Des abonnés qui aiment ce club pour son passé glorieux, mais surtout pour ses ambiances. On peut trouver ça ridicule, il n'empêche, des milliers de supporters vibrent pour ce club, parfois à en pleurer. Leur enlever leur tribune, leur association, c'est tout simplement les priver de leur passion.
C'est aussi balayer d'un revers de main leur fidélité et leur soutien, notamment dans les moments les plus difficiles. C'est à eux que le PSG a fait appel pour une « Union sacrée » il y a quelques années, lorsque le PSG luttait pour sauver sa place en Ligue 1.
Ces milliers de supporters, dont je fais partie, dépensent à chaque nouvelle saison 150 euros pour encourager leur club, pour espérer le voir retrouver son lustre d'antan. Et ce, malgré les résultats pathétiques, malgré la politique de hausse des tarifs, malgré le racisme dont ils sont victimes, malgré les moqueries de leur entourage….
Le plus triste dans l'histoire, c'est que ces mesures risquent d'être inefficaces en termes de sécurité, ce nouveau maître mot du PSG. Quelques exemples très concrets :
1. Les billets nominatifs, une grosse blague, ou plutôt de la poudre aux yeux sécuritaire. N'importe qui peut acheter une place en billetterie avec sa carte d'identité, puis la refiler (ou la revendre) à un autre. Il n'y a pas de contrôle d'identité à l'entrée du Parc, et ça paraît quasi-impossible de mettre en place en termes de gestion des foules.
2. Le placement aléatoire, c'est Colony qui joue aux apprentis sorciers. Il est évident que la frange la plus violente continuera de venir au Parc. Depuis des années, on appelle ces supporters des « indépendants ». Le terme reflète bien le côté autonome de ces petits groupes de quelques dizaines de personnes. Par le jeu du troc et de la revente de billets, ils arriveront toujours à se regrouper. Et cette politique risque justement de développer ce mouvement de petits groupes non officiels, autonomes. Pas dit qu'ils décident de troquer la bière et la violence pour du pop-corn et de la guimauve.
3. La fin des abonnements, en plus d'être un affront pour les plus fidèles supporters du PSG, représente un gros risque : réunir dans les mêmes tribunes des supporters du PSG et du club adverse. Car à Paris, bien plus que n'importe où ailleurs en France, les expatriés sont très nombreux. Le club risque donc d'avoir souvent une bonne partie du public contre lui. Là ou ça va se gâter, c'est lorsque le PSG recevra des clubs comme Marseille ou Saint-Étienne. Pas dit que l'ambiance soit si « familiale » et bon enfant que ça.
Il n'y a qu'à Paris qu'un tel déni des supporters pouvait avoir lieu. Ce club est le plus détesté de France : il y a peu de chances que l'opinion s'émeuve des décisions affectant les supporters -surtout quand les médias s'attachent à les faire passer pour des sauvages écervelés.
C'est aussi le seul club qui peut se passer de supporters, pour peu que les résultats soient corrects. Pas besoin d'abonnés. Pas besoin de séduire la banlieue. Le potentiel de clients dans Paris intra-muros est largement suffisant.
Le pari de Colony n'est donc pas stupide. Il est juste indigne et offensant pour toute une partie des supporters. L'ensemble de la classe politique et des médias semble pourtant apporter sa bénédiction à cette politique. Je préfère y voir de la méconnaissance et de l'incompétence, toute autre hypothèse étant bien trop nauséabonde. Mon moral étant déjà au plus bas.
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Re: [N°11] Dissolution des assos
Ouai c'est pas mal. Même si c'est pas mal pro Auteuil...
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Re: [N°11] Dissolution des assos
ça viens d'ou ? un site ? un blog ?
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Re: [N°11] Dissolution des assos
Bah, il est abonné à Auteuil. Dc il parle plus de ce qu'il connait.
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Re: [N°11] Dissolution des assos
Alexinho a écrit:Rue89
Oui mais c'est quoi ça
C'est un mec qui raconte ça c'est pas un article d'un journaliste

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Re: [N°11] Dissolution des assos
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Re: [N°11] Dissolution des assos
26Mai1993 a écrit:Bah, il est abonné à Auteuil. Dc il parle plus de ce qu'il connait.
Il est pas mal mais je lui reproche ce que je reproche aussi aux assos d'Auteuil. C'est à dire de ne pas signaler les merdes à l'initiative du VA, même si c'est marginal. Mais ce n'est pas innocent à ce qui s'est passé le 28/02.
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Re: [N°11] Dissolution des assos
Je pense qu'on peut mettre ça ici:
Les Playmobils veillent sur Disneyland
On allait au Parc pour PSG-Montpellier. On s’est retrouvé en Amérique. Depuis l’adoption du fameux « plan Leproux » à l’été 2010, le PSG et les pouvoirs publics se félicitent de l’atmosphère apaisée du Parc des Princes et de ses alentours. Mais c’est au prix d’une certaine ferveur populaire et d’une transformation du stade de la Porte d’Auteuil en un Parc d’attraction grotesque protégé comme une forteresse. Double infiltré dans les travées du Parc, à l’occasion du choc PSG-Montpellier : l’un en tribune présidentielle Francis Borelli, en A, à côté des TitiFosi pour la modique somme de 32 euros, l’autre en secteur visiteur avec les ultras pailladins au prix de 15 euros.
Les Playmobils veillent sur Disneyland
PSG-Montpellier, c’était le match de l’hiver, le leader contre son dauphin, en prime time sur Canal . Mais PSG-Montpellier, c’était surtout l’entrée dans une nouvelle ère. « Le Parc fait peau neuve ! » s’extasiait la veille du match le site officiel du PSG. Outre une nouvelle pelouse dont la couleur laisse sceptique, le Parc inaugurait en fanfare sa « nouvelle décoration ». Avec un objectif clair, « mettre davantage en valeur la marque PSG ». Quant à l’arche disposée à l’entrée des joueurs, elle est censée « événementialiser davantage cet instant spectaculaire ». Le club a cru y voir un « Parc des Princes de Gala ». Nous, on a surtout vu un discours marketing friand de néologismes, des animations kitsch et une ambiance trop souvent pathétique. Bienvenue dans le second Disneyland Paris !
Un parcours du combattant
On veut bien l’admettre. Aller en parcage visiteur et en tribune Francis Borelli, soit les deux tribunes les plus inaccessibles du Parc, ce n’était sans doute pas le meilleur choix. Mais quand même. A la sortie du métro, le spectateur doit se livrer à un véritable parcours du combattant pour accéder à sa place. Autour du stade, la circulation est savamment organisée en fonction de la tribune où l’on se rend. Sauf que, étant donné la grande dangerosité des ultras montpelliérains et les travaux dans le secteur de la porte d’Auteuil, c’est un nouvel itinéraire, encore plus compliqué que d’habitude, qui nous est imposé.
En vieil habitué du Parc, Laurent a beau dire que ce n’est pas illogique de nous faire passer par là, on est un peu blasés. Et on n’est pas le seul. « C’est un véritable marathon » s’étonne un spectateur. En fait, c’est une offre couplée « deux en un ». Un spectacle sportif en plat de résistance et un exercice de marche sportive avec obstacles en apéritif. Bon, on ne va pas être bégueule, les innombrables CRS qu’on a croisés dans le métro, dans la rue et à tous les chekpoints étaient plutôt cools. Et le PSG a eu l’idée brillante d’affubler certains stadiers d’un panneau lumineux « orientation » afin d’aider le spectateur désemparé à s’y retrouver.
Un petit passage en Corée du Nord
« Enfin » s’exclame notre voisin de trottoir en découvrant le Parc illuminé après une longue marche dans les rues animées de Boulogne-Billancourt. Certes, le stade est là devant nous, mais, pour l’instant, on est encore en Corée du Nord. Afin de libérer la route devant le Parc, il faut passer par un étroit couloir humanitaire quadrillé par des policiers, patibulaires mais presque. Interdit de mettre le pied sur la route ! Celui qui s’écarte du trottoir est gentiment mais fermement ramené dans le droit chemin. « Idéal pour attirer un public familial » rigole Alain, légèrement mauvais esprit depuis qu’il n’a pas encaissé de voir son abonnement en quart-de-virage non renouvelé à l’été 2010.
En attendant l’entrée dans le stade, il s’amuse à compter les femmes et n’en repère que 4. « Il n'y en a pas plus qu’avant » maugrée-t-il juste avant de passer son billet dans le lecteur numérique et de profiter de la fouille. Pour accéder au parcage visiteur, c’est encore pire. L’impression d’accéder à un château-fort en passant par d’innombrables portes gardées par des molosses. Et l’expérience étrange d’acheter son billet à la sauvette sur le trottoir, à quelques trois cents mètres de l’entrée en tribune…
Adieu les banderoles, bonjour les couronnes homogènes
Une fois entrés dans le stade, c’est un spectacle féérique qui s’offre (enfin, façon de parler, vu le prix qu’on a payé) à nous. Adieu les couronnes grises du « vaisseau spatial ». Adieu les bâches bariolées des anciens groupes de supporters. Adieu les banderoles du club déchirées à l’automne par des supporters contestataires et nostalgiques. Bonjour les rayons rouge et bleu qui présentent de façon homogène publicités et palmarès du club. Le Parc a fait peau neuve et il n’a pas une tache. « On se croirait dans un supermarché super bien rangé » s’étonne Maxime. Bien sûr, il est encore écrit « Ici c’est Paris » et « Fiers de nos couleurs » dans les deux virages. Mais l’essentiel s’inscrit en caractères bien gras sur le fronton de la tribune Paris : « Rêvons plus grand ». Marne-la-Vallée n’a qu’à bien se tenir. A moins que ce ne soit Saint-Denis et le Stade de France…
Voilà pour le décor. Vient ensuite le spectacle, tout aussi grandiloquent, et accordé comme une partition de musique. D’interminables spots publicitaires inondent les deux écrans géants. Le volume assourdissant casse franchement les oreilles. On n’arrive même pas à entendre son voisin s’en plaindre. Une dose ronflante de « PSG live » fait revivre les meilleurs moments de la saison et du match aller, en même temps qu’elle tente de mobiliser les troupes pour le match. Las, le matraquage est entrecoupé d’une séance de football sur jeu vidéo, qui ennuie au moins autant qu’elle assure la promotion d’un célèbre jeu de foot.
« On se croirait dans un stade américain ! »
Heureusement le speaker commente le match virtuel et accompagne de sa voix rassurante le public dans le nouveau parc d’attraction de la porte d’Auteuil. Mon voisin ne se plaint plus du bruit, il esquisse désormais un sourire désabusé : « On se croirait dans un stade américain ! ». Il sait de quoi il parle, il a vécu un an en Floride. Mais PSG-Montpellier, finale du Superbowl, on le saurait ! C’est lorsque des focus lumineux éblouissants, spécialités du pays de l’Oncle Sam et des matchs de NBA, mettent en lumière les tribunes, qu’on se dit qu’il n’a pas tort. Maxime, lui, n’est plus au supermarché. Il a l’impression d’assister à un spectacle de Kamel Ouali. S’agissait-il de motiver le public ? De l’inviter à faire la ola ? Ou d’aveugler les spectateurs sur le fonds de jeu du PSG ? Quoi qu’il en soit, des comptes à rebours ponctuent le show et maintiennent la tension. Enfin, pas chez nous. « C’est devenu n’importe quoi le Parc » s’énerve Alain.
Malheureusement pour lui, le divertissement n’est pas fini et donne encore plus la nausée que le Space Mountain. Une voile géante aux couleurs du PSG, surplombée d’un ballon gonflable, est baladée tout autour du stade. Si elle provoque l’exaltation du speaker, elle laisse de marbre de nombreux spectateurs qui ont du mal à en saisir le caractère extraordinaire. Soudain, elle s’arrête plusieurs minutes… juste devant le secteur visiteur, où elle reçoit sifflets et insultes de la part des supporters montpelliérains. Pas tellement dans l’esprit de Mickey cette provocation !
Un public parisien décevant
Les enceintes ont beau cracher des chants, le speaker a beau haranguer la foule, un drapeau orné du logo du PSG a beau avoir été distribué à chaque spectateur, la mayonnaise ne prend pas vraiment. Tous les drapeaux agités forment un beau tableau. L’acoustique du stade est toujours exceptionnelle. Certains chants basiques continuent de bien claquer. Mais les blancs sont longs et nombreux. Le Parc ne s’enflamme (un peu) qu’après chacun des buts parisiens. Et la fréquence des insultes ne cadre pas vraiment avec l’esprit Disneyland. Les sonos installées dans les virages à l’automne pour relancer l’ambiance ne changent pas grand-chose. Il faut dire que, côté Boulogne, celui qui tient le micro réussit l’exploit de ne pas avoir de charisme et d’être incapable de progresser au fil des matches. Cela lui vaut quelques moments de grande solitude, quand il lève les bras tout seul ou quand son chant est repris seulement par ses trois copains.
Est-ce que le nouveau public manque de culture supporter ? Ou est-ce que les anciens abonnés, revenus voir les prouesses du PSG façon Qatar, répugnent à suivre les chants lancés maladroitement par un meneur coopté par le club ? Les dix dernières minutes rendent plus probable la première hypothèse. Alors que Montpellier a logiquement pris l’avantage, des « Mouillez le maillot ! » s’élèvent de la tribune Boulogne. Avant d’être couverts par des extatiques « On est les premiers ! » après l’égalisation d’Hoarau. C’est sûr qu’il y a de quoi pavoiser en réussissant un nul contre le second, après s’être fait bouffer les ¾ du match par le centre de formation montpelliérain. Alain est blême : « Ça me rend malade, cette ambiance ».
Stadiers et fumigènes
En tout cas, tout ce petit monde est surveillé par les stadiers qui, parce qu’ils s’ennuient ou parce qu’ils recherchent ceux qui se roulent un petit joint tranquilles en hommage à Maxwell, sillonnent les virages comme une chenille. On se demande alors franchement à quoi ils servent. Jusqu’à la frappe (d)étonnante d’Alex et l’ouverture du score. La vraie surprise se trouve cependant dans la partie haute de la tribune Boulogne. Deux torches s’allument subitement sous le regard médusé des spectateurs. Voyant les stadiers s’approcher de lui, l’un des pyromanes a l’excellente idée de jeter sa torche. Par miracle, elle atterrit sur le terrain sans blesser personne. En voilà un dont on ne regrettera pas la future interdiction de stade.
On ne peut néanmoins pas s’empêcher de penser que s’il n’avait pas craint d’être interpellé, il aurait sans doute déposé son engin pyrotechnique par terre, sans faire courir de risques aux spectateurs. On ne peut pas non plus s’empêcher de penser que les fumigènes et pétards utilisés par les ultras montpelliérains sont avant tout une provocation face à la traque obsessionnelle des engins pyrotechniques par les pouvoirs sportifs et publics.
Un parcage mis sous l’éteignoir
Pendant qu’en tribune A un spectateur se prépare un joint, un supporter montpelliérain voudrait bien allumer une clope. Malheureusement, il n’a plus de briquet car le feu a été confisqué à la fouille. Pour éviter tout incident. Mais aussi sans doute pour ne pas perturber le show parisien. 700 supporters pailladins galvanisés par les résultats de leur équipe, ça aurait pu faire du bruit. Alors, tout a été prévu pour que chacun reste à sa place et que la féérie parisienne ne souffre aucune contestation. Les consignes à la fouille étaient trop strictes pour ne pas éveiller les soupçons : les supporters visiteurs n’avaient le droit d’entrer ni mégaphones pour lancer les chants, ni tambours pour les rythmer. Seuls les drapeaux d’une taille inférieure à 1 mètre 20 étaient acceptés. Autrement dit, peu ont pénétré dans le parcage qui ne devait pas détonner d’avec le reste du stade et afficher les mille couleurs propres aux tribunes de supporters.
Le dispositif a parfaitement fait son œuvre : le parcage montpelliérain s’est avéré moins coloré et bruyant que lors de ses autres sorties, au point de n’être entendu que fugacement depuis la tribune A. Bien sûr, il est appréciable que le climat soit moins tendu et que des incidents n’éclatent plus autour du Parc. Mais fallait-il pour autant sacrifier la ferveur ? En sortant du stade, très longtemps après la fin du match pour celui d’entre nous placé en secteur visiteur, on ne pouvait s’empêcher de se remémorer les ambiances fabuleuses vécues dans ce stade et de repenser à cette image, passée le temps d’un éclair sur les écrans géants, d’un supporter brandissant un tee-shirt : « Le Parc c’était mieux avant ».
Quentin Blandin et Anthony Cerveaux, au Parc des Princes
Sofoot.com
Les Playmobils veillent sur Disneyland
On allait au Parc pour PSG-Montpellier. On s’est retrouvé en Amérique. Depuis l’adoption du fameux « plan Leproux » à l’été 2010, le PSG et les pouvoirs publics se félicitent de l’atmosphère apaisée du Parc des Princes et de ses alentours. Mais c’est au prix d’une certaine ferveur populaire et d’une transformation du stade de la Porte d’Auteuil en un Parc d’attraction grotesque protégé comme une forteresse. Double infiltré dans les travées du Parc, à l’occasion du choc PSG-Montpellier : l’un en tribune présidentielle Francis Borelli, en A, à côté des TitiFosi pour la modique somme de 32 euros, l’autre en secteur visiteur avec les ultras pailladins au prix de 15 euros.
Les Playmobils veillent sur Disneyland
PSG-Montpellier, c’était le match de l’hiver, le leader contre son dauphin, en prime time sur Canal . Mais PSG-Montpellier, c’était surtout l’entrée dans une nouvelle ère. « Le Parc fait peau neuve ! » s’extasiait la veille du match le site officiel du PSG. Outre une nouvelle pelouse dont la couleur laisse sceptique, le Parc inaugurait en fanfare sa « nouvelle décoration ». Avec un objectif clair, « mettre davantage en valeur la marque PSG ». Quant à l’arche disposée à l’entrée des joueurs, elle est censée « événementialiser davantage cet instant spectaculaire ». Le club a cru y voir un « Parc des Princes de Gala ». Nous, on a surtout vu un discours marketing friand de néologismes, des animations kitsch et une ambiance trop souvent pathétique. Bienvenue dans le second Disneyland Paris !
Un parcours du combattant
On veut bien l’admettre. Aller en parcage visiteur et en tribune Francis Borelli, soit les deux tribunes les plus inaccessibles du Parc, ce n’était sans doute pas le meilleur choix. Mais quand même. A la sortie du métro, le spectateur doit se livrer à un véritable parcours du combattant pour accéder à sa place. Autour du stade, la circulation est savamment organisée en fonction de la tribune où l’on se rend. Sauf que, étant donné la grande dangerosité des ultras montpelliérains et les travaux dans le secteur de la porte d’Auteuil, c’est un nouvel itinéraire, encore plus compliqué que d’habitude, qui nous est imposé.
En vieil habitué du Parc, Laurent a beau dire que ce n’est pas illogique de nous faire passer par là, on est un peu blasés. Et on n’est pas le seul. « C’est un véritable marathon » s’étonne un spectateur. En fait, c’est une offre couplée « deux en un ». Un spectacle sportif en plat de résistance et un exercice de marche sportive avec obstacles en apéritif. Bon, on ne va pas être bégueule, les innombrables CRS qu’on a croisés dans le métro, dans la rue et à tous les chekpoints étaient plutôt cools. Et le PSG a eu l’idée brillante d’affubler certains stadiers d’un panneau lumineux « orientation » afin d’aider le spectateur désemparé à s’y retrouver.
Un petit passage en Corée du Nord
« Enfin » s’exclame notre voisin de trottoir en découvrant le Parc illuminé après une longue marche dans les rues animées de Boulogne-Billancourt. Certes, le stade est là devant nous, mais, pour l’instant, on est encore en Corée du Nord. Afin de libérer la route devant le Parc, il faut passer par un étroit couloir humanitaire quadrillé par des policiers, patibulaires mais presque. Interdit de mettre le pied sur la route ! Celui qui s’écarte du trottoir est gentiment mais fermement ramené dans le droit chemin. « Idéal pour attirer un public familial » rigole Alain, légèrement mauvais esprit depuis qu’il n’a pas encaissé de voir son abonnement en quart-de-virage non renouvelé à l’été 2010.
En attendant l’entrée dans le stade, il s’amuse à compter les femmes et n’en repère que 4. « Il n'y en a pas plus qu’avant » maugrée-t-il juste avant de passer son billet dans le lecteur numérique et de profiter de la fouille. Pour accéder au parcage visiteur, c’est encore pire. L’impression d’accéder à un château-fort en passant par d’innombrables portes gardées par des molosses. Et l’expérience étrange d’acheter son billet à la sauvette sur le trottoir, à quelques trois cents mètres de l’entrée en tribune…
Adieu les banderoles, bonjour les couronnes homogènes
Une fois entrés dans le stade, c’est un spectacle féérique qui s’offre (enfin, façon de parler, vu le prix qu’on a payé) à nous. Adieu les couronnes grises du « vaisseau spatial ». Adieu les bâches bariolées des anciens groupes de supporters. Adieu les banderoles du club déchirées à l’automne par des supporters contestataires et nostalgiques. Bonjour les rayons rouge et bleu qui présentent de façon homogène publicités et palmarès du club. Le Parc a fait peau neuve et il n’a pas une tache. « On se croirait dans un supermarché super bien rangé » s’étonne Maxime. Bien sûr, il est encore écrit « Ici c’est Paris » et « Fiers de nos couleurs » dans les deux virages. Mais l’essentiel s’inscrit en caractères bien gras sur le fronton de la tribune Paris : « Rêvons plus grand ». Marne-la-Vallée n’a qu’à bien se tenir. A moins que ce ne soit Saint-Denis et le Stade de France…
Voilà pour le décor. Vient ensuite le spectacle, tout aussi grandiloquent, et accordé comme une partition de musique. D’interminables spots publicitaires inondent les deux écrans géants. Le volume assourdissant casse franchement les oreilles. On n’arrive même pas à entendre son voisin s’en plaindre. Une dose ronflante de « PSG live » fait revivre les meilleurs moments de la saison et du match aller, en même temps qu’elle tente de mobiliser les troupes pour le match. Las, le matraquage est entrecoupé d’une séance de football sur jeu vidéo, qui ennuie au moins autant qu’elle assure la promotion d’un célèbre jeu de foot.
« On se croirait dans un stade américain ! »
Heureusement le speaker commente le match virtuel et accompagne de sa voix rassurante le public dans le nouveau parc d’attraction de la porte d’Auteuil. Mon voisin ne se plaint plus du bruit, il esquisse désormais un sourire désabusé : « On se croirait dans un stade américain ! ». Il sait de quoi il parle, il a vécu un an en Floride. Mais PSG-Montpellier, finale du Superbowl, on le saurait ! C’est lorsque des focus lumineux éblouissants, spécialités du pays de l’Oncle Sam et des matchs de NBA, mettent en lumière les tribunes, qu’on se dit qu’il n’a pas tort. Maxime, lui, n’est plus au supermarché. Il a l’impression d’assister à un spectacle de Kamel Ouali. S’agissait-il de motiver le public ? De l’inviter à faire la ola ? Ou d’aveugler les spectateurs sur le fonds de jeu du PSG ? Quoi qu’il en soit, des comptes à rebours ponctuent le show et maintiennent la tension. Enfin, pas chez nous. « C’est devenu n’importe quoi le Parc » s’énerve Alain.
Malheureusement pour lui, le divertissement n’est pas fini et donne encore plus la nausée que le Space Mountain. Une voile géante aux couleurs du PSG, surplombée d’un ballon gonflable, est baladée tout autour du stade. Si elle provoque l’exaltation du speaker, elle laisse de marbre de nombreux spectateurs qui ont du mal à en saisir le caractère extraordinaire. Soudain, elle s’arrête plusieurs minutes… juste devant le secteur visiteur, où elle reçoit sifflets et insultes de la part des supporters montpelliérains. Pas tellement dans l’esprit de Mickey cette provocation !
Un public parisien décevant
Les enceintes ont beau cracher des chants, le speaker a beau haranguer la foule, un drapeau orné du logo du PSG a beau avoir été distribué à chaque spectateur, la mayonnaise ne prend pas vraiment. Tous les drapeaux agités forment un beau tableau. L’acoustique du stade est toujours exceptionnelle. Certains chants basiques continuent de bien claquer. Mais les blancs sont longs et nombreux. Le Parc ne s’enflamme (un peu) qu’après chacun des buts parisiens. Et la fréquence des insultes ne cadre pas vraiment avec l’esprit Disneyland. Les sonos installées dans les virages à l’automne pour relancer l’ambiance ne changent pas grand-chose. Il faut dire que, côté Boulogne, celui qui tient le micro réussit l’exploit de ne pas avoir de charisme et d’être incapable de progresser au fil des matches. Cela lui vaut quelques moments de grande solitude, quand il lève les bras tout seul ou quand son chant est repris seulement par ses trois copains.
Est-ce que le nouveau public manque de culture supporter ? Ou est-ce que les anciens abonnés, revenus voir les prouesses du PSG façon Qatar, répugnent à suivre les chants lancés maladroitement par un meneur coopté par le club ? Les dix dernières minutes rendent plus probable la première hypothèse. Alors que Montpellier a logiquement pris l’avantage, des « Mouillez le maillot ! » s’élèvent de la tribune Boulogne. Avant d’être couverts par des extatiques « On est les premiers ! » après l’égalisation d’Hoarau. C’est sûr qu’il y a de quoi pavoiser en réussissant un nul contre le second, après s’être fait bouffer les ¾ du match par le centre de formation montpelliérain. Alain est blême : « Ça me rend malade, cette ambiance ».
Stadiers et fumigènes
En tout cas, tout ce petit monde est surveillé par les stadiers qui, parce qu’ils s’ennuient ou parce qu’ils recherchent ceux qui se roulent un petit joint tranquilles en hommage à Maxwell, sillonnent les virages comme une chenille. On se demande alors franchement à quoi ils servent. Jusqu’à la frappe (d)étonnante d’Alex et l’ouverture du score. La vraie surprise se trouve cependant dans la partie haute de la tribune Boulogne. Deux torches s’allument subitement sous le regard médusé des spectateurs. Voyant les stadiers s’approcher de lui, l’un des pyromanes a l’excellente idée de jeter sa torche. Par miracle, elle atterrit sur le terrain sans blesser personne. En voilà un dont on ne regrettera pas la future interdiction de stade.
On ne peut néanmoins pas s’empêcher de penser que s’il n’avait pas craint d’être interpellé, il aurait sans doute déposé son engin pyrotechnique par terre, sans faire courir de risques aux spectateurs. On ne peut pas non plus s’empêcher de penser que les fumigènes et pétards utilisés par les ultras montpelliérains sont avant tout une provocation face à la traque obsessionnelle des engins pyrotechniques par les pouvoirs sportifs et publics.
Un parcage mis sous l’éteignoir
Pendant qu’en tribune A un spectateur se prépare un joint, un supporter montpelliérain voudrait bien allumer une clope. Malheureusement, il n’a plus de briquet car le feu a été confisqué à la fouille. Pour éviter tout incident. Mais aussi sans doute pour ne pas perturber le show parisien. 700 supporters pailladins galvanisés par les résultats de leur équipe, ça aurait pu faire du bruit. Alors, tout a été prévu pour que chacun reste à sa place et que la féérie parisienne ne souffre aucune contestation. Les consignes à la fouille étaient trop strictes pour ne pas éveiller les soupçons : les supporters visiteurs n’avaient le droit d’entrer ni mégaphones pour lancer les chants, ni tambours pour les rythmer. Seuls les drapeaux d’une taille inférieure à 1 mètre 20 étaient acceptés. Autrement dit, peu ont pénétré dans le parcage qui ne devait pas détonner d’avec le reste du stade et afficher les mille couleurs propres aux tribunes de supporters.
Le dispositif a parfaitement fait son œuvre : le parcage montpelliérain s’est avéré moins coloré et bruyant que lors de ses autres sorties, au point de n’être entendu que fugacement depuis la tribune A. Bien sûr, il est appréciable que le climat soit moins tendu et que des incidents n’éclatent plus autour du Parc. Mais fallait-il pour autant sacrifier la ferveur ? En sortant du stade, très longtemps après la fin du match pour celui d’entre nous placé en secteur visiteur, on ne pouvait s’empêcher de se remémorer les ambiances fabuleuses vécues dans ce stade et de repenser à cette image, passée le temps d’un éclair sur les écrans géants, d’un supporter brandissant un tee-shirt : « Le Parc c’était mieux avant ».
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